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Les forains : vignerons nomades de l’Entremont

Les forains : les vignerons nomades de l’Entremont

Nihil novi sub sole: les montagnards valaisans de la rive gauche ont toujours lorgné les vignes de la plaine et des coteaux ensoleillés. La culture de leur vigne et de leur vin loin du foyer a rythmé les travaux et les jours, les va-et-vient saisonniers de milliers de familles.

le mazot
Le mazot de Branson

Depuis des siècles, cette transhumance singulière existe, de l’Entremont vers Fully, de Salvan vers Plan-Cerisier, d’Isérables vers Leytron, de Nendaz vers Conthey et Vétroz, d’Evolène et d’Hérémence vers Sion, d’Anniviers en région sierroise ou de Tourtemagne, d’Eischoll et d’Unterbäch vers Salquenen.
Dans les vieux documents historiques, on qualifiait de « forains » ces nombreux propriétaires de vigne qui n’étaient pas des habitants du lieu.

Pour une goutte de vin, il faut bien descendre…

Dans le cas de Fully et de l’Entremont, une micro-histoire d’une extrême richesse est mise en exergue pour la première fois sur le long terme, depuis les premières sources médiévales jusqu’aux exemples contemporains.

le travail de la vigne
Le travail de la vigne

Une histoire « totale », qui quantifie un phénomène pressenti, ne se contente pas de la vulgate orale colportée par les générations et fait rendre tout le jus d’archives anciennes.

Elle ne néglige ni l’économie, ni la politique, et toutes les tensions communautaires.
Plusieurs habitants de Commeire possédaient ainsi des vignes sur les côteaux de Fully, sur la rive gauche du Rhône et surtout bien au soleil.

Pour travailler leurs lopins de terre, les Entremontois devaient se rendre en plaine pour plusieurs jours lors des grands travaux viticoles : la taille, le sarclage, les effeuilles, et surtout pour les vendanges.
D’où la nécessité de séjourner sur place dans leur cabane de vigne. Pour ce faire, ils devaient emprunter le Pont de Branson, qui fut la source de bien des péripéties.

le pont de Branson qui mène aux vignes
Le Pont de Branson vers 1910

A la fin de la saison, il fallait bien entendu monter les barriques d’abord jusqu’à Orsières avec le char puis d’ici à Commeire, à dos de mulet car l’accès au village n’était pas très facile.
Au cours de leur recherche, les historiens du bureau Clio Christine Payot et Arnaud Meilland ont découvert dans les archives communales de Fully, déposées aux Archives cantonales, de riches listes nominatives de propriétaires du XVIIe et XIXe siècles. Ils les ont retranscrites. Destinées à permettre l’encaissement de l’impôt, elles nous offrent aujourd’hui un portrait presque exhaustif des propriétaires d’Entremont dans le vignoble de Fully, et ceci dès 1668. La masse des laborieux viticulteurs n’est plus anonyme et l’histoire s’incarne, humblement.

Les vignes des forains
Les vignes des forains

En 1668, voici les familles de Commeire qui possédaient de la vigne à Fully:
Addy Laurent, Addy, Charrex Marguerite, Perrassin alias Roserens Etienne, Roserens Nicolas, Roserens Alias Neyrin Etienne, Thétaz Barthélemy, Tissières Jean, Tissières Laurent.

En 1851, voici les familles de Commeire qui possédaient de la vigne à Fully:
Addy Gaspard, Addy Pierre Augustin, Addy Jean-Isidore, Addy Marie-Madeleine, Addy Etienne Théodule, Gabioud Mathieu-Nicolas, Gabioud Charles-Joseph, Lattion Jean-Maurice, Lattion Jean-Bonaventure, Lattion François-Joseph, Lattion Anne-Christine, Lattion Etienne-Joseph, Lovey Marie-Madeleine, Lovey Etienne, Pittier Pierre-Joseph, Roserens Jean-Pierre, Tissières Louise.

Pour de plus amples renseignements, vous pouvez visionner une archive de la RTS parue dans le cadre de l’émission « La Suisse est bellle » du 9 mai 1970. Le journaliste Eric Lehmann reçoit le président de Fully.

Le Coteau de Branson
Le Coteau de Branson


Durée : 18 min

 

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